lundi 23 septembre 2019

Du Street Art au Bastogne War Museum


A l’occasion du 75e anniversaire de la Bataille des Ardennes, du 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la guerre froide, l’exposition « Art Liberty – From the Berlin Wall to the Street Art » se déroule près du Bastogne War Museum.

" Photo de trois  morceaux du mur de Berlin peints au Bastogne War Museum"
Trois morceaux du Mur de Berlin peints

" Photo de dessins en Street Art au Bastogne War Museum"
Du Street Art au Bastogne War museum

Cette exposition présente, sur des morceaux du Mur de Berlin provenant du no man’s land berlinois, 30 œuvres réalisées par des artistes du Street Art. Elle rend également hommage aux artistes avant-gardistes qui se sont emparés du Mur de la honte, symbole de tyrannie, pour en faire une gigantesque toile prête à recevoir des créations dédiées à la liberté retrouvée. Chaque œuvre est accompagnée d’une interview filmée de son artiste et d’une note explicative créée par le poète français Jean-Pierre Lemesle.

Un char Sherman graffé par Jef Aérosol  photo : lameuse.be

Lorsque je suis allée visiter le mémorial du Mardasson, mon attention a été attirée par ces peintures colorées. J’ai eu l’impression qu’un vent de liberté soufflait sur l’esplanade et que des hippies étaient par là. Après tout, les Bastognards et les Berlinois avaient, à des époques différentes, le même objectif  : la lutte pour la paix et la liberté.

"Photo d'une voiture fort colorée au Bastogne War Museum"
Une vieille voiture qui ne risque pas de passer inaperçue

J’ai particulièrement apprécié , un grand morceau de béton provenant du côté ouest du Mur sur lequel les street artistes Jef Aérosol et Jimmy C. ont peint les portraits des 3 pop stars mythiques liées à la ville de Berlin : David Bowie, Iggy Pop et Lou Reed.

"Photo d'une pop star peinte sur un morceau du mur de Berlin à Bastogne"
Une pop star peinte sur une face d'un morceau du mur de Berlin
" Photo de deux pop stars peintes sur un morceau du mur de Berlin à Bastogne"
Deux stars peintes sur l'autre face

" Photo d'une oeuvre peinyte sur béton signée par Jef Aérosol"
Une œuvre signée par Jef Aérosol


Pour voir les photos, cliquez sur le lien ci-dessous



Je vous convie à aller voir cette belle exposition résolument optimiste.  Gratuite et en plein air, elle est située en face du Bastogne War Museum. Elle a débuté le 15 avril 2019 et s’achèvera le 5 janvier 2020.

A lire aussi :

Le mémorial du Mardasson

Septembre 2019


dimanche 22 septembre 2019

Le camp de Dora-Mittelbau


Le camp de Dora, appelé aussi Nordhausen-Dora, est un camp de concentration nazi situé en Allemagne, au nord de Nordhausen.

"Photo de l'emplacement du portique d'entrée du camp de Dora"
L'emplacement du portique d'entrée du camp
"Photo de l'emplacement du camp et la place d'appel du camp de Dora"
L'entrée du camp et la place d'appel

En 1943, les Anglais bombardent Peenemünde, un site militaire de recherche allemand où sont fabriqués et essayés des missiles. Après cette attaque, les Allemands transfèrent leur usine d’assemblage de fusées dans une colline du massif du Harz, près de Nordhausen et non loin de Buchenwald. Cette colline présente l’avantage de posséder un vaste réseau de tunnels souterrains destinés à l’exploitation d’un gisement d’anhydrite.

Durant la même année, le camp de Dora est créé. Il dépend du camp de Buchenwald. C’est l’entreprise Mittelwerk qui est chargée des travaux de construction. Dans un premier temps, ce camp est destiné au stockage des missiles V2.Très vite, des travaux d’aménagement sont réalisés par des détenus de Buchenwald. Ils doivent creuser de nouveaux tunnels afin d’y installer des usines affectées à la fabrication des fusées V2 ainsi que d’autres armes.

"Photo d'une maquettequi  présente l'étendue des galeries souterraines du camp de Dora"
Une maquette présente l'étendue des galeries souterraines
Pendant ces travaux, les prisonniers sont enfermés, jour et nuit, dans les tunnels. Suite à ces atroces conditions de vie et de travail, beaucoup meurent au bout de quelques semaines. A partir du printemps 1944, des baraquements, destinés à abriter les déportés, sont construits à l’extérieur.

https://hansen-irene-le-blog-du-souvenir.blogspot.com/2019/09/le-camp-de-dora-mittelbau_12.html
Une locomotive servant à transporter le matériel des déportés

https://hansen-irene-le-blog-du-souvenir.blogspot.com/2019/09/le-camp-de-dora-mittelbau_12.html
Dix déportés travaillent au montage des fusées V2  source : natanson.pagesperso
En octobre 1944, Dora devient un camp autonome et prend le nom de Dora-Mittelbau. Sa production de missiles tourne à plein régime et nécessite la présence permanente de plus de 10.000 détenus. Nuit et jour, deux équipes de déportés se relayent et travaillent 12 à 14 heures par jour.

"Photo d'un tunnel du camp de Dora froid et humide"
Un long tunnel froid et humide
"Photo d'un moteur de fusée V2 dans un tunnel du camp de Dora"
Un moteur de fusée V2 dans un tunnel
"Un tunnel du camp de Dora encombré de débris en fer"
Un tunnel encombré de débris en fer
D’août 1943 à mars 1945, environ 60.000 prisonniers sont déportés dans le camp de Dora. 20.000 d’entre-eux ne survivent pas à leur déportation. Ils sont décimés par l’épuisement au travail, la famine, les maladies, les mauvais traitements et les exécutions. Les inaptes au travail sont envoyés à Auschwitz ou au château Hartheim pour y être assassinés. Beaucoup meurent également lors des marches de la mort organisées par les nazis, juste avant la libération du camp par les troupes américaines, le 11 avril 1945.

https://hansen-irene-le-blog-du-souvenir.blogspot.com/2019/09/le-camp-de-dora-mittelbau_12.html
Les fours crématoires du camp

https://hansen-irene-le-blog-du-souvenir.blogspot.com/2019/09/le-camp-de-dora-mittelbau_12.html
Le mémorial de Dora-Mittelbau

Après la guerre, certains scientifiques nazis, qui ont travaillé à Dora, sont récupérés par les Américains et les Soviétiques. L’ingénieur Wernher von Braun, dirigeant du camp de Dora et inventeur du missile balistique V2, ainsi que son équipe sont embauchés pour travailler dans un programme spatial américain. Des nazis à la Nasa !

Quelques années plus tard, Wernher von Braun conçoit la fusée Saturn V chargée de mettre en orbite le vaisseau spatial avant son voyage sur la lune.

"La fusée Saturn V"
La fusée Saturn V

Jusqu’à la fin de ses jours, Wernher von Braun minimisera sa position dans le camp et ne reconnaîtra pas les crimes commis sous ses yeux.

Nota


" Photo de Paul Baeten de retour à Dora"
Paul Baeten de retour à Dora

Paul Baeten, entré en résistance à 16 ans pendant l’occupation nazie, a été arrêté et déporté comme prisonnier politique dans le camp de Dora-Mittelbau. Après la guerre, il prit à cœur de perpétuer la mémoire auprès des jeunes générations. De plus, il a reçu, en 2013, le titre de Passeur de Mémoire par le Parlement de Wallonie. Il a également participé à notre voyage pour la Mémoire vers les camps de Buchenwald et Dora-Mittelbau et a apporté son témoignage lors d’une conférence dans notre hôtel à Leipzig. Quelques mois plus tard, il décédait.
Monsieur, nous ne vous oublierons pas.

https://hansen-irene-le-blog-du-souvenir.blogspot.com/2019/09/le-camp-de-dora-mittelbau_12.html
Crédit photo : les Territoires de la Mémoire
h




lundi 16 septembre 2019

Le mémorial de Gusen


Le  mémorial du camp de concentration de Gusen est situé en Haute-Autriche, à environ cinq kilomètres du camp de concentration de Mauthausen.
Le camp de Gusen était un camp satellite du camp de Mauthausen. Sa construction a débuté en 1940. Au départ, les travaux ont été réalisés par quelques centaines de prisonniers provenant de Mauthausen. Ces derniers étaient Autrichiens, prêtres, opposants allemands au régime nazi, Polonais, prisonniers de guerre soviétiques, Belges,Tchèques et Juifs.

https://hansen-irene-le-blog-du-souvenir.blogspot.com/2019/09/le-memorial-de-gusen-un-camp-souve-de.html
Le mémorial du camp de Gusen  photo : Les Territoires de la Mémoire
https://hansen-irene-le-blog-du-souvenir.blogspot.com/2019/09/le-memorial-de-gusen-un-camp-souve-de.html
L'entrée du mémorial Gusen
"La maquette du camp de Gusen"
Une maquette du camp de Gusen

En moins d’un an, le nouveau camp a atteint 4.000 détenus dont quelques milliers de Républicains espagnols. Cette main d’œuvre, réduite en esclavage, a été mise au travail forcé dans des carrières de granit ou prêtée à diverses entreprises locales. Beaucoup de ces détenus mourront rapidement des suites de mauvais traitements et de la pénibilité du travail. Au vu du grand nombre de décès, des fours crématoires ont été installés dans le camp. Il a été mis en activité dès janvier 1941.

"Les fours crématoires du camp de Gusen"
Les fours crématoires du camp de Gusen

"Les crématoires du camp de gusen dans un nouveau bâtiment"
L'intérieur de la pièce où se trouvent les crématoires
"De nombreuses plaques funéraires dans le crématorium de Gusen"
De nombreuses plaques funéraires

A partir de 1944, deux autres camps viendront renforcer le camp de Gusen : Gusen II (Sankt Georgen an der Gusen) et Gusen III (Lungitz). Ces deux nouveaux camps étaient destinés à accueillir des fabriques d’armes (Messer-schmitt et Steyr-Daimler-Puch AG), spécialisées dans la fabrication de fuselages d’avions à réaction.

En plus des lourds travaux dans les carrières, les détenus ont dû creuser des tunnels, dans les collines de Sankt Georgen an der Gusen, avec du matériel peu approprié à ce genre de travail. Ces galeries faisaient partir d’une stratégie appelée « opération Bergkristall ». Cette dernière était destinée à cacher les usines souterraines des regards indiscrets et à les protéger d’éventuels bombardements alliés. Ces conditions épouvantables de travail allaient encore accroître le taux de mortalité dans ces camps.

Sur un nombre total de 60.000 déportés, près de 37.000 sont morts à Gusen. La plupart ont été gazés avec du Zyklon B, dans une chambre à gaz située dans le camp, au château de Hartheim ou dans un camion à gaz faisant la navette entre Mauthausen et Gusen. Les trois camps ont été libérés le 5 mai 1945.

"Des plaques commémoratives dans le mémorial de Gusen"
Des plaques commémoratives

Peu après la libération, les vestiges du camp commencèrent à disparaître rapidement. En effet, après la guerre, les propriétaires, qui avaient été expropriés, par le régime nazi, pour la construction du camp, récupérèrent leurs biens. Ils s’empressèrent de construire une cité à la place de l’ancien bagne. Ils ont tout de même conservé le  « Jourhaus », l’entrée principale du camp. Elle a accueilli les bureaux d’une carrière avant de devenir une magnifique villa. Elle est, à présent, la propriété du petit neveu du chef de l'ancien camp !

https://hansen-irene-le-blog-du-souvenir.blogspot.com/2019/09/le-memorial-de-gusen-un-camp-souve-de.html
Le "jourhaus" en 1940   photo :Wikipédia
"L'entrée principale de Gusen après la guerre"
L'entrée principale de Gusen après la guerre
"L'entrée principale du camp de gusen devenue villa"
L'entrée du camp transformée en villa

Heureusement, en 1961, des anciens détenus italiens ont racheté le morceau de terrain sur lequel se trouvaient les vestiges du crématoire et en firent don à la commune. En échange, cette dernière a donné son accord pour la construction d'un mémorial à cet endroit. Le mémorial, construit grâce à de l’argent récolté par différentes amicales de déportés, a été inauguré le 8 mai 1965.

https://hansen-irene-le-blog-du-souvenir.blogspot.com/2019/09/le-memorial-de-gusen-un-camp-souve-de.html
Vue sur jardin depuis le musée du mémorial   photo : Benoît Scramure
"L'intérieur du musée du mémorial Gusen"
L'intérieur du musée du mémorial Gusen

Depuis 1997, le ministère de l'intérieur de la république d'Autriche est responsable de la conservation et de la gestion du Mémorial.
Pour les pèlerins de la mémoire, la vue de ces habitations est vraiment choquante. Ces constructions sont autant d’injures aux milliers de détenus morts en ce lieu monstrueux.

"Des maisons très proches du mémorial Gusen"
La proximité des maisons est choquante

Après la guerre, contrairement à l’Allemagne, l’Autriche n’a pas été dénazifiée. Suite à son annexion forcée par l’Allemagne lors de l’Anschluss, en 1938, elle s’est posée en « première victime du nazisme ». Depuis lors, elle refuse toute responsabilité dans les entreprises nazies et toute indemnisation des victimes juives.

Pourtant, le 12 mars 1938, jour de l'Anschluss, Hitler est entré en Autriche par Braunau et y a reçu un accueil triomphal. Des foules en délire l’acclamèrent également dans les grandes villes autrichiennes.
Nous ne sommes pas dupes. Derrière son statut de «pauvre victime», l’Autriche cachait une connivence avec le régime hitlérien.

On ne peut donc que féliciter l’intervention des détenus italiens. Sans ce mémorial, il ne resterait plus aucune trace du camp de Gusen.

Nota :


https://hansen-irene-le-blog-du-souvenir.blogspot.com/2019/09/le-memorial-de-gusen-un-camp-souve-de.html
Un des tunnels découverts   photo : independent.co.uK

« En 2014, près du village de Sankt Georgen an der Gusen, on a découvert un nouveau et vaste réseau secret de tunnels et de bunkers souterrains.
Selon des experts, l’usine souterraine aménagée pour produire des véhicules de combat et des avions de chasser devait, en réalité, abriter un centre de recherche destiné à concevoir et fabriquer de nouvelles armes de destruction massives, atomiques et nucléaires.
Ces tunnels auraient été creusés par des déportés de Mauthausen.
L’opération « Bergkristall » ne semble pas avoir délivré tous ses secrets



https://hansen-irene-le-blog-du-souvenir.blogspot.com/2019/09/le-memorial-de-gusen-un-camp-souve-de.html
Crédit photo : Les Territoires de la Mémoire